ORPAILLAGE ILLEGAL PAR LES CHINOIS : La faune et la flore en danger
28 juillet 2026Au Mali, l’implication de ressortissants chinois dans l’orpaillage illégal constitue une préoccupation sécuritaire, économique et environnementale majeure. Bien que l’orpaillage artisanal soit légal sous conditions strictes pour les nationaux, des réseaux clandestins étrangers s’y infiltrent massivement en apportant des capitaux et des équipements lourds.
Contrairement aux creuseurs artisanaux locaux qui utilisent des outils traditionnels, les exploitants clandestins chinois interviennent généralement comme financiers ou apporteurs de technologies : mécanisation accélérée : Financement et introduction d’excavatrices, de motopompes et de broyeurs industriels qui multiplient le rendement des sites illégaux. Les opérateurs étrangers s’associent illégalement avec des complicités locales (chefs traditionnels ou propriétaires terriens) pour exploiter des terres agricoles ou des forêts classées sans permis officiel.
Conséquences environnementales et sociales
Destruction des terres agricoles transformées en terrains lunaires truffés de fosses dangereuses. Utilisation massive et incontrôlée de mercure et de cyanure pour amalgamer l’or, contaminant gravement les fleuves et affectant les ressources halieutiques. Développement d’une économie criminelle parallèle, criminalité en hausse, déscolarisation des jeunes et tensions fortes avec les populations locales excédées par la destruction de leur environnement.
Face à la prolifération de ce phénomène, le gouvernement malien a organisé une rencontre sous la supervision du Premier ministre, avec le corps diplomatique chinois. L’objectif était de discuter des exploitations illégales de ressources minières par des ressortissants chinois. Malgré cela le mal persiste toujours.
Le Premier ministre a reconnu le caractère stratégique du partenariat entre les deux pays. Mais il a tenu à exprimer ses préoccupations concernant l’implication de plusieurs ressortissants chinois dans l’exploitation illégale de l’or entre 2021 et 2025. Cette activité illégale entraîne de graves conséquences sur l’environnement et les populations locales.
A titre d’exemple, le samedi 2 septembre 2023, une opération de lutte contre l’orpaillage illégal a permis le démantèlement d’un site à Banankoro (Kangaba). 4 orpailleurs clandestins avaient été arrêtés, 2 pickups et 3 pelleteuses saisies par la brigade du haut fonctionnaire de défense au niveau du ministère des Mines, le Colonel-major Nicolas Cissé.
Auparavant, le 15 août de la même année, une autre descente dans la forêt s’était soldée par la fermeture de 3 mines illégales à Kéniéba avec un bilan de 6 orpailleurs clandestins tous des étrangers interpellés, un pick-up et 7 pelleteuses saisis.
Dans le même cadre de la lutte contre l’exploitation illégale des ressources minières, la brigade du ministère des Mines a effectué plusieurs opérations de janvier à mai 2023 dans les cercles de Kéniéba, Kangaba et Bougouni où cette pratique est monnaie courante surtout de la part de ressortissants asiatiques.
Cette brigade a découvert dans les zones d’orpaillage, de nombreux sites installés en illégalité jusque dans les lits des cours d’eau. Les matériels et équipements utilisés par ces exploitants illégaux étaient composés de pelleteuses, de chargeurs, de camions bennes, de systèmes utilisant des produits toxiques et nuisibles à la santé dans le cadre du traitement des minerais.
La ruée chinoise vers l’or malien combine exploitation semi-industrielle et orpaillage informel, souvent en marge du Code minier. Cette prédation génère des graves dégâts environnementaux et suscite des tensions locales, tout en attirant des attaques récurrentes de groupes armés qui rançonnent ou kidnappent des exploitants, notamment dans le Sud.
Surtout que les sociétés et ressortissants chinois présents sur le terrain ont recours à des méthodes mécanisées (utilisation de dragues dans les cours d’eau) qui vont bien au-delà de l’orpaillage artisanal. Contournement des règles : Des accords locaux opaques permettent d’acheter des terrains pour creuser sans déclarer les activités aux services de l’État. D’autres fois, des investisseurs s’associent de manière occulte avec des détenteurs maliens de permis d’exploration. Il urge de prendre à bras le corps ce fléau d’orpaillage illégal par les chinois et les non nationaux, afin de lutter efficacement contre les différents circuits de financement des groupes armés.
Assi De DIAPE (Le Point)


