Maliens de l’extérieur et interminables conflits de propriété : :L’État protège-t-il mal les investissements de la diaspora au Mali?

Maliens de l’extérieur et interminables conflits de propriété : :L’État protège-t-il mal les investissements de la diaspora au Mali?

4 septembre 2026 0 Par Mali Scoop

Les Maliens de la diaspora, essentiellement repartis entre l’Afrique (Cote d’Ivoire, Congo, Gabon), l’Europe (France, Espagne, Italie) et l’Amérique du Nord (États-Unis), contribuent à l’essor économique du Mali avec un apport substantiel de 700 milliards CFA, soit près de 6% du PIB. Cependant, avec d’incessants conflits de propriété auxquels ces Maliens de l’extérieur sont cruellement confrontés au Mali, il importe de s’interroger pour savoir si l’État protège suffisamment les investissements de la diaspora au point où de nombreux expatriés refusent désormais d’investir dans le pays d’origine.

Si une grande part des fonds annuellement transférés par la diaspora malienne, servent à la consommation des familles, une autre part importante, dédiée aux investissements productifs, se concentre principalement sur l’immobilier, l’agro-business, l’artisanat et les petites et moyennes entreprises. Ces investissements qui sont le fruit d’efforts laborieusement consentis par ces Maliens établis à l’extérieur, souvent au prix de sacrifices surhumains et dans de farouches conditions d’existence, tombent parfois à l’eau lorsqu’ils sont réalisés au bercail. Des pertes économiques massives sont enregistrées dans ce sens.

Cela, faute de protection régalienne des structures compétentes de l’État, lesquelles sont censées produire les moyens d’accompagnement nécessaires pour mieux sécuriser les investissements des Maliens de la diaspora. Car, ceux-ci, dans d’innombrables cas, sont confrontés à d’interminables conflits et autres pratiques de détournements liés à leurs propres investissements au Mali. Ces conflits, s’illustrant notamment par de rudes bras-de-fer juridiques, les opposent très souvent à des concitoyens vivant au Mali et lesquels passent même parfois par des agents assermentés de l’État pour réussir à déposséder ces Maliens de l’extérieur de leurs biens. Une telle pratique s’opère au Mali à une fréquence alarmante.

L’immobilier représente indéniablement le secteur le plus conflictogène en termes de litige de propriété au point où des expatriés maliens se voient très souvent obligés de quitter leurs pays d’accueil pour regagner le Mali dans l’espoir de parvenir à établir leur titre de propriété sur le bien au cœur du litige. De nombreux Maliens, faute d’accompagnement institutionnel et administratif correct des services publics, sont littéralement dépouillés de leurs biens immobiliers et repartent bredouilles avec l’ultime amertume de ne plus jamais songer à investir au Mali. Cela, après y avoir été financièrement laminés et profondément désespérés.

Les vraies interrogations sont alors les suivantes : Que fait réellement l’État pour protéger les investissements de la diaspora au Mali? Qu’attendent les décideurs pour sérieusement réfléchir à des mécanismes drastiques, au regard de l’apport substantiel de notre diaspora?

Fred Diarra