Les deux dossiers « brûlants » de la CEDEAO : Créer l’Eco et « faire éclater » l’AES !
1 octobre 2026La CEDEAO s’était vivement lancée dans la dynamique de nuire à toute possibilité de rayonnement sous-régional et même international de la Confédération des États du Sahel (AES) ;..
Ses manœuvres multiples, essentiellement commanditées depuis l’Occident et ayant cruellement échoué à mettre fin à l’alliance militaire, la CEDEAO s’est ainsi réinventée à travers des initiatives politiques de Soft Power, mais qui visent toujours à briser l’élan géostratégique des États de l’AES.
Le leadership communautaire et géopolitique sous-régional, détenu par la CEDEAO depuis de nombreuses décennies, a paradoxalement permis qu’elle serve aussi d’instrument néocolonial pour des puissances occidentales, lesquelles pouvaient constamment imposer leurs désidératas politiques et économiques aux États africains. Si la plus grosse part des ressources de fonctionnement annuelles de la CEDEAO proviennent des caisses occidentales, il est évident que ces pays donateurs, notamment, européens, dictent leurs lois ou imposent leurs décisions aux États de la CEDEAO afin de pérenniser leur influence stratégique dans l’espace ouest-africain.
La création de l’AES est donc perçue dans cette dynamique comme une rupture radicale d’avec des pratiques indécrottablement nuisibles à la souveraineté des États, lesquels se sont communautairement engagés face à un même destin. Le nouvel outil de l’AES qui vient bousculer l’ordre géopolitique existant et imposer une nouvelle donne stratégique réduisant l’influence mortifère des puissances prédatrices, sera inévitablement combattu, peu importent les méthodes qui y seront employées.
Au regard de tous les paramètres rigoureusement analysés, il convient d’en déduire que les germes d’une dislocation future de la CEDEAO, la conduisent désormais à explorer toutes les pistes possibles pour pouvoir maintenir plus durablement sa survie. Les deux objectifs stratégiques majeurs de la CEDEAO pour revivifier son influence communautaire et réinventer plus « efficacement » son hégémonie régionale, sont les suivants : créer sa monnaie commune pour renforcer son leadership et sa mainmise sur tous les grands marchés régionaux et travailler plus souterrainement à « faire éclater » l’AES et réussir à freiner l’influence russe.
Il incombe donc aux dirigeants de l’AES de faire preuve de la plus grande vigilance.
Fred Diarra (Le Point)


