An VI de la transition : Ce que pensent des Maliens.
1 octobre 2026Six ans après les événements d’août 2020, le Mali traverse l’une des périodes les plus décisives et complexes de son histoire contemporaine. Initialement pensée comme une parenthèse temporaire destinée à restaurer la sécurité et refonder les institutions, la Transition a profondément redessiné le paysage politique, sécuritaire et diplomatique du pays.
Entre réorganisation des alliances sous-régionales, internationales, défis économiques majeurs et interrogations sur le retour à l’ordre constitutionnel, le bilan de ces six années suscite des avis passionnées et contrastées de nos concitoyens, que nous avons interrogé à travers ce micro-trottoir spécialement réalisé par notre reporter dans les rues de Mopti et ses alentours. Lisez plutôt
Nianan Traoré, paysan : « Pour moi, la sécurité s’est améliorée au cours de ses six ans de transition, même si ce n’est pas le cas dans certains villages.
Concernant le prix des engrais, tout est cher et le carburant aussi. Ce serait très bien si le Gouvernement venait encore à faire mieux.
Nous voulons la paix, mais aussi et surtout des routes afin que e nous puissions vendre nos récoltes tranquillement. »
Alaye Soumaré, infirmier : « Je vous remercie de m’avoir donné la parole de m’exprimer sur ce sujet combien important. Sur le plan sécuritaire, je pense qu’il y a eu des avancées remarquables, Mais des défis restent à relever sur le plan de la santé et de l’éducation.
Oui, le pays bouge, mais l’hôpital, lui, attend encore des réformes concrètes afin de mieux assurer la santé des Maliens.
Bref, 6 ans de stabilité fragile, mais beaucoup à consolider. »
Baba Dicko, pêcheur : « Personnellement, je n’ai pas grand- chose à dire mais durant ces 6 années de Transition, je dirai que ce n’est pas mal, je demande un peu plus de sécurité pour circuler et vendre librement. Aussi, la vie est chère ici, notamment le prix de carburant, la glace, les filets etc.
On pêche toujours, mais on gagne moins. On attend des actes concrets. Je salue néanmoins le gouvernement de Transition pour tous les efforts. »
Amadou Touré, Commerçant : « En ces six ans de Transition, je peux dire qu’il y a eu un peu plus de sécurité mais la vie est très chère, nos ventes sont considérablement en baisse.
Comme attente, je prie pour la stabilité de notre pas afin que nous travaillions dans la paix. »
Agaïchatou Maïga, enseignante : « Merci Madame pour m’avoir donné la parole de m’exprimer une première fois au sujet de notre chère patrie. Pour moi, il y a du positif et des manquements
Côté positif : Des écoles ont rouvert dans des zones où elles étaient fermées. Aussi nos langues et l’histoire du Mali sont aujourd’hui plus parlées à l’école. Au sujet des manquements, il faut dire que les classes sont toujours pleines dans notre pays. En tant qu’enseinante, e lance un appel afin que cette situation soit revue.
Il faudra aussi redoubler d’efforts pour la sécurité. Rien est encre joué tant que tous les enfants ne peuvent pas aller à l’école partout au Mali.
Il y a eu des avancées remarquables et il faut rester sur cette dynamique. »
Sekou Fofana, Commerçant : « Pour moi, le bilan des six ans de la Transition est mitigé. Comme acquis la sécurité ; les FAMA mieux équipés ; réformes minières ; nouvelle Constitution ; création de l’AES.
Comme défis, je note la vie chère ; le manque d’électricité et d’eau ; les écoles fermées, l’insécurité au centre ; dialogue politique bloqué.
Certes, il y a eu des avancées, mais les Maliens veulent du concret avec une amélioration de leur quotidien et une sortie claire de la Transition.
En bref, on a repris la main sur le pays, mais le peuple attend encore de sentir le changement dans sa poche, son assiette et dans s son quartier. »
Maïssa Adiawokoye, sage-femme : « Je dirai que le Gouvernement de Transition a fait énormément d’efforts.
Pour les femmes, ça a été dur. Il y a eu des ruptures de médicaments, moins de moyens, et beaucoup de femmes n’arrivent plus à payer le transport dans certaines localités mais on tient. Les femmes sont courageuses et on sauve des vies malgré tout.
Mon message est de demander humblement aux plus hautes autorités de mettre plus de moyens dans les maternités. La santé de la mère et des enfants est la base de tout.
Badjan Diarra, Chauffeur : « Je suis chauffeur, 42 ans et je suis très heureux de donner mon avis par rapport aux 6 ans du Gouvernement de Transition au Mali.
Le bon côté est qu’on a plus peur comme avant. Avec l’armée qui a pris le pouvoir en 2020, il y a plus de patrouilles sur la route. Les coupeurs de route ont diminué. Et on sent que le pays tient debout tout seul, sans qu’on nous dicte tout.
Le côté négatif est que la vie est chère. Le gasoil, les pièces t, tout a augmenté. Les gens voyagent moins. Et six ans, c’est quand même long comme transition. Il faut songer à un moment à organiser les élections.
En résumé, certes, la sécurité s’est un peu améliorée, mais lele ventre crie. Donnez-nous la paix et du pain. Ce serait génial. »
Djamilatou Touré, Étudiante : « Cela fait six ans que la transition a commencé. Je trouve le bilan satisfaisant que je vais résumer en trois réponses courtes.
Côté sécurité, ça va un peu mieux. Mais à l’université rien n’a changé. Bourses en retard, vie chère. Le bilan est mitigé. »
Deuxièmement, 6 ans c’est long. On nous a promis des réformes. Aujourd’hui on galère toujours pour étudier et trouver du travail après. Il faut maintenant penser aux jeunes et aux élections.»
Aïchatou Djiteye, ménagère : « Je trouve le bilan mitigé.
La sécurité va mieux, on a moins peur. Mais le prix des denrées a trop augmenté au marché. Riz, huile, gaz… c’est dur. On veut manger à notre faim. »
Tout est cher en plus du problème d’eau et d’électricité. Je reste optimiste et demande plus de stabilité aux autorités de la Transition. C’est déjà ça. Il faudra aussi aider les femmes. Car quand la femme va bien, la maison va bien. »
Boubacar Traoré, comptable : « D’une part je ne peux que tirer le chapeau aux autorités de la Transition pour leur engagement pour la stabilité de notre Maliba. Côté sécurité, Dieu seul sait comment ces braves Hommes souffrent sur le terrain pour nous autres Maliens qui dormons dans la tranquillité. Pour ça, je les félicite très chaleureusement surtout le Général d’Armée Assimi Goïta.
Mais d’autre part, il y a la galère, nous gardons espoir en attendant que les choses s’améliorent.
Aussi, les comptes de l’État ont été assaini et cela est une bonne chose.
En bref, on tient. Maintenant il faut des résultats concrets pour les entreprises également. »
Diakaridia Dolo, réparateur de moto : « Cela fait pratiquement 14 ans que j’exerce ce métier, depuis ces 6 ans, les clients viennent moins pour l’entretien. En un mot, je dirai que les six dernières années n’ont pas été facile.
Par rapport au bilan de la Transition, je veux juste la stabilité pour mon pays, moins de coupures, moins de tracasseries. On suit la politique, mais nous on pense à la marmite. »
Je leur demande de Penser aux petits métiers. Donnez-nous du courant ; des espaces. »
Fatoumata Karembé, électricienne : « D’abord merci, car, c’c’est la toute première fois que je suis interrogée par un journaliste.
Pendant ces 6 ans de Transition dans notre pays, je dirai que les autorités ont beaucoup fait et beaucoup restent à faire également.
Quand j’essaye de parler sur mon domaine par exemple, les délestages qui bloquent beaucoup de chantiers, ce qui rend la vie difficile pour nous. Je tiens également à souligner qu’il est difficile pour les femmes d’accéder aux gros marchés, là je leur implore de nous soutenir davantage et surtout de croire en nous. Merci encore une fois de m’avoir donné la parole et que Dieu bénisse le Mali. »
Anonyme : « Je suis chauffeur, conducteur de pinasse. Je ne peux pas beaucoup dire mais je sais que y a plus assez de clients sur le fleuve, les gens ont un peu peur malgré les efforts des autorités.
Le carburant et les pièces ont augmenté en plus de la cherté de la vie ce n’est pas du tout facile.
Sinon avec les efforts des autorités, nous voyageons tranquille sur l’eau, mais avec la peur aux escales.
On espère avoir de l’aide pour les équipements de sécurité plus la paix et des résultats concrets sur le prix des denrées. »
Propos recueillis par Kadidia Doumbia, stagiaire


