NOUVELLE POSTURE DES USA VIS-A-VIS DU MALI : Quand l’or et le lithium maliens deviennent un enjeu !

NOUVELLE POSTURE DES USA VIS-A-VIS DU MALI : Quand l’or et le lithium maliens deviennent un enjeu !

29 juillet 2026 0 Par Mali Scoop

La réception du secrétaire d’État adjoint américain aux Affaires africaines, Frank Garcia, le 17 juillet 2026 à Bamako par le Premier ministre Abdoulaye Maïga sonne le nouveau départ entre les deux pays. Cette visite prolonge une série de missions engagées depuis 2025 pour rétablir la coopération économique et sécuritaire avec le Mali.

Les discussions ont porté sur les mines, les nouvelles technologies, la santé, les investissements et la coopération sécuritaire. Bamako et Washington ont défendu une relation fondée sur les priorités nationales et les intérêts économiques réciproques.

Cette politique l’administration Trump s’est très bien la défendre. La visite de Frank Garcia s’inscrit dans une dynamique diplomatique engagée en juillet 2025 par Rudy Atallah, alors principal directeur adjoint chargé de la lutte contre le terrorisme au Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche. Sa mission à Bamako avait marqué la première visite américaine de haut niveau depuis 2022.

Quelques jours plus tard, le sous-secrétaire d’État adjoint William Stevens avait rencontré les autorités maliennes pour examiner les possibilités de coopération dans la sécurité, le commerce, l’or et le lithium. Une délégation du personnel de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants avait poursuivi ces échanges en août. Il s’agissait de collaborateurs parlementaires et non de membres élus du Congrès.

Nick Checker, alors haut responsable du Bureau des Affaires africaines, s’était à son tour rendu à Bamako en février 2026. Il avait affirmé vouloir respecter la souveraineté malienne, corriger les erreurs attribuées à l’administration précédente et ouvrir une nouvelle phase de coopération centrée sur le terrorisme et le développement économique.

Cette succession de visites traduit le changement de méthode de Washington. La politique américaine dite « America First in Africa » privilégie désormais les échanges commerciaux, l’accès aux marchés, les investissements privés, les minerais critiques et les partenariats sécuritaires définis avec les gouvernements africains.

L’on se rappelle que le renseignement américain avait notamment contribué à l’opération française ayant tué le chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique, Abdelmalek Droukdel, en 2020. Ce dispositif a perdu sa principale assise régionale après la fin de Barkhane et le départ des forces américaines du Niger.

La nouvelle coopération devrait donc s’appuyer davantage sur le renseignement, la lutte contre le financement du terrorisme, la formation, les technologies et des dispositifs négociés sans présence militaire permanente américaine.

Le volet minier occupe également une place croissante. Surtout que le Mali est un important producteur d’or et a rejoint les pays producteurs de lithium avec l’ouverture de la mine de Goulamina en décembre 2024. Sa production avait été projetée à près de 382 000 tonnes de concentré de spodumène en 2025.

L’intérêt américain pour les minerais critiques est clairement établi à l’échelle africaine. Il convient aussi de distinguer les ressources documentées, comme le lithium malien ou l’uranium nigérien, des terres rares, dont l’existence sous une forme commercialement exploitable dans l’espace AES reste insuffisamment établie publiquement.

La mission de Bamako confirme ainsi la volonté américaine de retrouver une capacité d’influence dans le Sahel sans revenir, à ce stade, au dispositif militaire d’avant 2024.

La Rédaction(Le Point)