SITUATION SECURITAIRE TENDUE AU MALI : Assimi Goita face au défi de la sécurisation !
12 août 2022La situation sécuritaire au Mali, va de Charybde en Scylla. En témoignent la boucherie que l’armée vient de subir. Avec la mort de 42 compagnons d’armes tombés, le dimanche 7 août dernier, à Tessit dans la zone dite des trois frontières.
Ces massacres qui sont devenus le lot quotidien des unités combattantes des forces de défense, ne sont cependant que la partie visible de l’iceberg terroriste qui se rapproche dangereusement de la capitale, Bamako, sans que rien ne semble arrêter la déferlante. En effet, pendant que les groupes djihadistes ne cachent plus leur volonté d’isoler le cœur politique du Mali, sis au camp Soundiata Kéita de Kati dans les faubourgs de Bamako, qui a essuyé dernièrement l’ire des groupes fanatisés le 22 juillet 2022.
Et alors que les populations vivent ou redoutent l’apocalypse, le discours des autorités militaires du pays s’inscrit quasiment dans le déni. L’on claironne à la trompette militaire à qui veut les entendre, que « l’armée monte en puissance » . Et en réalité, l’échec des militaires face au désastre sécuritaire, ne relève pas d’un sort maléfique lancé par les adeptes de la démocratie. Il s’explique fort logiquement.
En effet, les bons stratèges militaires, issus des prestigieuses écoles de guerre, sont envasés dans les micmacs politiques dans les capitales, laissant les théâtres d’opérations militaires aux acteurs les moins bien préparés à la guerre. Pire, l’arrivée au pouvoir des militaires, a ravivé les fractures au sein des différentes fractions des armées qui combattent sur le terrain. Et tout cela sonne comme une confirmation de la célèbre pensée de Georges Clemenceau selon laquelle « la guerre, c’est une chose trop grave pour la confier à des militaires ».
En effet, la guerre que mènent les groupes armés dans le Sahel, n’est plus cette guerre sans front ni visage. Les zones d’actions et les modes opératoires sont aujourd’hui bien connus. Il n’y a que les armées régulières qui n’arrivent pas à opérer les mues nécessaires afin d’avoir une longueur d’avance sur l’ennemi. Et ce ne sont pas les grands discours du « complotisme » international dirigé contre les pays du Sahel en raison de leurs supposées grandes richesses minières, qui viendront effacer cet amer et triste constat.
Le capitaine Thomas Sankara disait : « un peuple conscient ne saurait confier la défense de sa patrie à un groupe d’hommes, quelles que soient leurs compétences. Les peuples conscients assument eux-mêmes leur défense ». C’est donc le moment de sonner la mobilisation générale pour faire face à l’ennemi qui exploite aujourd’hui la propension des populations à la fuite, pour gagner du terrain. Mais en attendant que prenne forme cette guerre populaire, il faut continuer à renforcer les capacités opérationnelles des combattants par une formation plus adaptée aux réalités du terrain et des équipements plus performants, surtout que des indices concordants permettent de dire aujourd’hui que les groupes armés ont recours aux nouvelles technologies pour semer le chaos.
Le Point


