COP16 : Le casse-tête de la désertification !
30 décembre 2024L’Arabie saoudite a accueilli le lundi 2 décembre 2024 la COP16 sur la désertification et la dégradation des terres. Moins connu, ce cycle de négociations a, lui aussi, été créé en 1992 et vise à restaurer les terres abîmées par l’agriculture intensive et la déforestation.
La 16e session de la Conférence des Parties de la Convention (COP) des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), s’est ouvert le lundi 2 décembre à Ryad en Arabie Saoudite. Avec cet évènement sous le thème « Notre terre. Notre avenir », l’organisation entend placer les sols au centre de l’agenda politique international, au même titre que le changement climatique et la biodiversité.
Pendant 12 jours, les experts présents à la Cop16 traiteront d’un sujet essentiel : la désertification. Mais il ne s’agit pas de la seule avancée des déserts ou de l’aridité des sols dans le monde. Or, les chiffres sont inquiétants : pollution industrielle, agriculture intensive, déforestation, artificialisation… partout sur la planète, les activités humaines dégradent la qualité des sols. Pour Ibrahim THIAW, Secrétaire exécutif de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) il faut adopter une approche globale face au changement climatique. »
Le rapport publié dimanche par la CNULCD, la convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, a notamment souligné le poids que fait peser une agriculture intensive sur la qualité des sols : le secteur est à l’origine de 23% des émissions de gaz à effet de serre, 80% de la déforestation et 70% de l’utilisation de l’eau douce.
Une statistique donne la mesure des enjeux : 40 %. Il s’agit d’après la CNULCD de la proportion de terres agricoles dégradées sur la planète, soit 1,5 milliard d’hectares, une superficie non productive presque équivalente à celle de la Russie (1,7 milliard d’hectares). Cette dégradation affecte directement les moyens de subsistance de près de la moitié de la population mondiale qui dépend des systèmes agroalimentaires.
Pour Ibrahim Thiaw, secrétaire exécutif de la CNULCD, il faudra ainsi 2600 milliards de dollars d’investissements à l’horizon 2030 pour parvenir à un monde neutre en matière de dégradation des terres. Ce montant est équivalent au PIB d’un pays comme l’Italie en 2023 et implique concrètement près de 1 milliard $ par jour pendant les 6 prochaines années.
L’objectif de la COP16 est donc d’enrayer ce déclin, notamment en fixant des seuils ambitieux de restauration des terres. Il y a deux ans à Abidjan, en Côte d’Ivoire, les États s’étaient mis d’accord sur l’objectif de réparer un million d’hectares de terres dégradées dans le monde d’ici à 2030. Mais selon l’ONU, il faut aller plus vite et viser 1,5 million d’hectares de terres restaurées au même horizon.
Au-delà des symboles, les délégations auront à relever un défi majeur : trouver des solutions face à la menace que représente la dégradation des sols pour les systèmes alimentaires mondiaux.
Le Point

