MENACES SUR L’EXISTENCE DU MALI : Cette main tendue de l’Algérie à analyser quoique…
14 mai 2026« L’Algérie est prête à aider sans ingérence dans les affaires internes du Mali », a indiqué le samedi 25 avril dernier le président de la République d’Algérie, Abdelmadjid Tebboune. Loin des débats et des questionnements, faut-il accepter cette main tendue du grand voisin qui est en brouille avec les autorités de la transition malienne ?
Le président Tebboune répond à une question sur la « main tendue » au pays Frère le Mali lors de son entrevue avec les représentants des médias sur la radio et la télévision algérienne. Il affirme dans ce sens qu’il soutient le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf dans ce dossier.
« Nous sommes très désolés de ce qui se passe au Mali », déclare-t-il en relevant qu’il avait anticipé cette situation, il y a deux ans. Le président Tebboune assure que « l’Algérie a toujours été un pays frère du Mali » tout en précisant que « les accords d’Alger sont un fait malien » en notant que certaines voix veulent utiliser ces accords pour accuser l’Algérie d’ingérence.
Or « notre constitution nous interdit de s’ingérer dans les affaires internes des autres pays » comme « nous n’acceptons pas l’ingérence dans nos affaires internes », rappelle-t-il. Ces « accords d’Alger ont été fait par un consentement mutuel entre les différents intervenants au Mali avec la bénédiction de l’ONU et de l’Union africaine ».
Il note toutefois que « l’extrémisme ne paie pas » et que « la force ne règle pas les problèmes » et le « retour au dialogue est inévitable » et « la raison est de discuter avec son peuple ». Il est persuadé que « les frères maliens peuvent dépasser cette situation ». Dans ce sens mais pas uniquement, « l’Algérie est disposée à aider si les Maliens le demande ».
Si l’on sait qu’une crise ouverte entre les deux pays a commencé avec la destruction d’un drone malien par l’armée algérienne le 1 avril 2025, dans la région frontalière de Tinzaoutène. Un drone de fabrication turque qui aurait pénétré la frontière algérienne sur deux kilomètres selon Alger, ce que dément fermement Bamako. De fait, les débris se sont retrouvés sur le territoire malien. En guise de solidarité avec le Mali, le Niger et le Burkina Faso, autres pays membres de l’Alliance des États du Sahel ont rappelé leurs ambassadeurs en Algérie. Et la guerre des nerfs n’en finit pas. Côté algérien, on stigmatise plus que jamais le gouvernement de transition militaire malien. Et côté malien, on met désormais la France et l’Algérie dans le même sac.
L’on se rappelle que dès la fin des années 1990, le Nord-Mali devient un axe stratégique pour l’Algérie. À cette époque, de nombreux terroristes issus du GIA sont « poussés » vers cette zone saharienne. Ils ne s’y installent pas comme une force étrangère visible, mais s’y enracinent progressivement : mariages, négoces, petits commerces, trafics en tous genres.
Au vu de toutes ses accusations, il serait difficile pour les autorités maliennes d’accepter cette main tendue de l’Algérie dans la lutte contre le terroriste. Mais à y voir de plus profond, et comme le dit l’adage « tous les chemins mènent à Rome. » Il ne faudra pas laisser les égos et sauts d’humeurs pour voir la question de la stabilité du Mali ?
S’exprimant sur le Général d’Arméé Assimi Goita, le président Tebboune témoigne que celui-ci « n’a jamais insulté l’Algérie ». Et d’ajouter : « Je n’impose rien à personne mais si on a besoin de moi je suis là », lance-t-il.
Cet appel peut laisser les Maliens perplexes, mais il faudra analyser cette main tendue afin de venir à bout de l’hydre terroriste et djihadiste qui menace même l’existence du Mali.
« Nous aimons le Mali et nous sommes disposés à l’aider comme nous l’avons fait pour le Niger. Nous sommes arrivés à un point de concorde qui doit être avec toute l’Afrique », souligne le président Tebboune.
Le Point


