Dragues sur le fleuve Niger: Une vaste opération lancée

Dragues sur le fleuve Niger: Une vaste opération lancée

14 décembre 2025 0 Par Mali Scoop

Les autorités maliennes ont lancé fin novembre une opération de grande ampleur contre les dragues utilisées pour l’orpaillage sur le fleuve Niger.

 Conformément aux instructions données par les plus hautes autorités du pays la semaine dernière, le ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable a lancé, une véritable croisade contre les dragues qui polluent et menacent l’existence du fleuve Niger.

Cette opération de grande envergure qui vise à circonscrire le fléau de la pollution du fleuve Niger à tenue toutes ses promesses. En effet avec l’accompagnement des autorités administratives de Koulikoro, une mission de contrôle s’est rendue sur le fleuve Niger. Elle a réussi à mettre la main sur 23 dragues et face à l’ampleur des dégâts causés au fleuve par ces engins, les plus hautes autorités ont instruit de les brûler.

 L’utilisation de dragues est formellement interdite par la législation malienne. Le Code minier adopté en 2023 prohibe l’exploitation par dragage dans le lit des cours d’eau, une interdiction déjà posée par l’ordonnance n°2019-022/P-RM. Plusieurs arrêtés régionaux, notamment à Koulikoro et Ségou, rappellent cette restriction et autorisent la saisie immédiate des engins concernés.

Malgré ce cadre réglementaire, des dragues continuent d’opérer dans certaines zones, parfois de nuit pour éviter les contrôles. Les opérations de Koulikoro interviennent quelques mois après une action de grande ampleur en juillet 2025, lors de laquelle l’armée a détruit 206 dragues et 6 moulins dans la même région. Des interventions similaires ont été menées ces dernières années dans les localités de Mopti, Banankoro, Kangaba, Kolonto et le long du Baoulé, un affluent du Niger.

Plusieurs études scientifiques et enquêtes de terrain décrivent l’impact du dragage sur le fleuve Niger. Les engins remuent les sédiments, ce qui augmente la turbidité de l’eau et perturbe les habitats aquatiques. Le fleuve Niger fait face à une pression environnementale croissante. Le rejet d’eaux usées, la pollution plastique, l’exploitation minière informelle, l’urbanisation rapide des berges et l’ensablement figurent parmi les facteurs relevés par les spécialistes.

À Koulikoro, les autorités ont annoncé le renforcement de la surveillance afin d’empêcher le retour des dragues dans les zones dégagées. Les services de l’Environnement, les Eaux et Forêts, les collectivités et l’Agence du bassin du fleuve Niger doivent assurer un suivi régulier dans les prochaines semaines. D’autres localités ont été identifiées pour des opérations similaires, selon les services techniques.

Le Point