Attaque de Kobé : La douleur est immense !
23 février 2025Kobe, ce village situé à une trentaine de km de la ville de Gao sur la route d’Ansongo est devenu un grand cauchemar sur laquelle des centaines d’humains ont perdu la vie. Les transporteurs et autres voyageurs l’appellent amèrement « la traversée de l’enfer.» Et la majorité des attaques meurtrières de ces dernières années a eu lieu à cet endroit.
Une fois de plus un enfer, un massacre de trop vient d’être perpétré dans le village de Kobe à seulement une trente de kilomètres de la ville de Gao. Un massacre dont le souvenir restera longtemps dans la mémoire collective des parents des victimes, en particulier et de toute la population de Gao, en général. « Un massacre, disons-le, qui aurait pu être évité si les autorités avaient anticipé. Il ne sert à rien de jouer au bon médecin après la mort du patient ». En effet, le village de Kobe est appelé « la traversée de l’enfer » ou plutôt « l’entrée des enfers » en référence au mont Erebus dans la mythologie grecque. Ce mont dont le sommet culmine à 3 794 mètres d’altitude, est un volcan d’Antarctique situé sur l’île de Ross. Il est possible d’avancer mais incertain de retourner. Cet enfer (endroit) continue de prendre les êtres les plus chers et importants pour les populations de la région de Gao : des grands commerçants, des hommes d’affaires, des notabilités, des patriotes, des jeunes, des femmes braves, des populations et mêmes des malades sont parfois achevés. Tout ce massacre semble banalisé par les autorités de la région de Gao. Le silence, négligence et indifférence sont les attitudes qui caractérisent leur comportement au sujet de ces drames. Cependant nul ne peut nier les efforts sur le plan de la sécurité mais là où se trouvent la plaie n’est pas objectivement surveillé. Un exemple de mesure est la mise en place d’un détachement militaire capable d’intervenir dans les environs.
En fait, l’attaque était prévisible depuis quelques jours, car, le mardi 04 février. A maintes reprises, l’alerte a été donnée sur la présence massive des terroristes des hommes armés non identifiés. Ces derniers ont même saboté le check point installé par les éléments des groupes d’autodéfense qui assurait le minimum de sécurité pendant la journée. Les premiers éléments de ces hommes armés non identifiés aperçus n’étaient que « des éclaireurs qui tentaient d’avoir le maximum d’informations sur les mouvements des Fama afin de préparer leur coup ». Selon des sources locales, sur les ondes des radios communautaires de Gao, les animateurs ont relayé à maintes reprises l’information pour que les autorités administratives et militaires prennent les dispositions nécessaires afin d’anticiper. Du côté de l’armée rien ne peut infirmer ou confirmer que des mesures ont été prises pour y faire face. « Ce qui devait arriver est arrivé ». Le jour de l’attaque, des hommes armés non identifiés ont bloqué l’escorte à plusieurs étapes, mais cela n’a pas alerté les militaires. Sachant que les Fama ne sont pas en alerte, ils sont tombés dans le piège mortel. C’est ainsi que vers 14 heures, les djihadistes dont le nombre reste inconnu (d’aucuns parlaient d’une centaine de motos, d’autres affirmaient qu’ils étaient une cinquantaine motos et lourdement armés), ont lancé l’attaque barbare et lâche contre l’escorte, le 07 Février 2025 à Kobe sur l’axe Ansongo-Gao. Malheureusement, le bilan est lourd et les dégâts sont immenses. Tous les camions gros porteurs ainsi que quelques minibus qui n’ont pas pu fuir ont payé les frais de cet acte ignoble de la part des groupes terroristes. Au total on dénombre deux (2) camions gros porteurs et trois minibus qui ont été brûlés par les assaillants. Selon un témoin à l’hôpital régional de Gao, il y a au moins 45 morts civils et une quarantaine de personnes blessées. Le plus troublant lors de l’attaque, selon un blessé, qui faisait partie des passagers d’un bus est le fait que « les militaires ont abandonné le terrain et laisser les civils à leurs sorts. Nous sommes dévastés par cette épreuve».
Cette nouvelle attaque a plusieurs conséquences sur les populations du nord. Il y a d’abord le risque immense de famine qui plane sur une grande partie du nord du pays. L’axe Gao-Ansongo est la seule voie d’approvisionnement en denrées de toutes sortes pour les populations des régions de Gao, Kidal et Ménaka. Il est important de savoir que la route de l’Algérie-Kidal est coupée à cause du contentieux qui existe entre les deux pays depuis quelques mois. Même si ce problème n’affecte pas directement les transactions commerciales et les relations bilatérales, la fourniture en denrées de première nécessité provenant de l’Algérie devient de plus en plus rare et les prix des produits alimentaires montent en flèche. Les quelques fournisseurs mettent le prix qui les convient. Quant à la voie Sevaré -Gao, son histoire est connue de tous donc nous faisons économie de nos plumes et ancres même si la répétition est pédagogique « pour ceux qui entendent, comprennent et veulent apprendre pour agir ». Et voilà que l’axe Gao-Ansongo est maintenant impraticable au risque de perdre sa vie. Comme disait un observateur, la région de Gao est désormais sous embargo et qu’aucune autorité ne peut le démentir ».
Arrêt de travail pour une durée indéterminée
« Si la mort des populations et des transporteurs ne signifie rien pour les autorités, les transporteurs ont au moins le droit de se protéger en prenant leur mesure », disait un transport de Gao. Selon des sources dignes de foi, l’ensemble des syndicats des transporteurs de la région de Gao ont décidé d’observer un arrêt de travail pour une durée indéterminée à compter de ce lundi 10 Février 2025. Cette décision fait suite à l’insécurité grandissante dans la région notamment sur les axes routiers (Ansongo-Gao) dont le dernier incident remonte au vendredi 07 février 2025 dernier, ayant coûté la vie à une cinquantaine de civils et des dégâts matériels importants (3 minibus et 2 camions incendiés par les groupes armés terroristes). Les syndicats exigent entre autres : l’arrêt systématique des escortes sur l’axe Gao-Ansongo et Ansongo-Labbezanga qui mettent la vie des transporteurs en danger ; la mise en place des check-points avancés notamment dans les endroits à risque ; la mise en place d’une unité de patrouille le long des deux axes. L’Arrêt de travail, décrété le lundi par les syndicats des chauffeurs et transporteurs sur les tronçons Gao-Ansongo et Ansongo-Labbezanga, est largement suivi par leurs membres. Il paralyse la circulation sur cet axe vital reliant Gao à Niamey au Niger.
Avant cette dernière attaque, les transporteurs ont été sommés, selon des sources fiables, par les groupes armés terroristes auteurs des attaques lâches et barbares contre les civils de ne plus suivre l’escorte sous peine de représailles. Ce qui a motivé cette décision des syndicats des transporteurs. Le syndicat, ce mouvement de grève des syndicats des transporteurs se poursuivra jusqu’à satisfaction totale des doléances ci-dessus mentionnées.
Fort heureusement, pour le bien être des populations, il y a eu une rencontre entre le syndicat des transporteurs de Gao et les Forces de défense et de sécurité. Elle a permis d’aboutir à un dénouement heureux et le trafic a repris le mardi 11 février 2025 sur les différents axes routiers. Malgré tout une solution concrète et durable doit être trouvée dans l’immédiat et dans l’urgence afin d’éviter une autre situation dramatique.
B.M


